Numero 03/23 de la Conjoncture mensuelle de la dette publique - Mars 2023_

Aspect

Le Directeur Général de la CAA, Secrétaire Permanent du CNDP, Monsieur NOAH NDONGO Adolphe a le plaisir de vous présenter la "Conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun N°03/23 - Mars 2023", finalisée le 27 avril 2023.

Cette conjoncture est élaborée dans un contexte marqué au plan international, par les conséquences de la guerre Russo-Ukrainienne et les effets de la pandémie COVID-19 dans bon nombre de pays.

Suivant les Perspectives de l’Economie Mondiale d’avril 2023, la croissance devrait ralentir de 3,4% en 2022 à 2,8% en 2023, avant de s’établir à 3,0% en 2024. Par ailleurs, la situation de l’inflation mondiale reste préoccupante, au vue des prévisions de déclin de cet indicateur autour de 8,8% en 2022 à 6,6% en 2023 et à 4,3% en 2024. Pour faire face à la hausse généralisée des prix, plusieurs Banques Centrales ont été obligées de revoir leurs taux directeurs à la hausse. En matière d’endettement, la dette publique mondiale devrait se situer à 93,3% du PIB à fin 2023.

Au plan national, la situation économique au premier trimestre 2023 est assez mitigée, en raison non seulement des différentes crises sécuritaires endogènes dans certaines régions, mais aussi de plusieurs chocs exogènes. C’est dans ce contexte que le Cameroun a conclu les troisièmes revues des accords au titre de la Facilité Elargie de crédit (FEC) et du Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC), bénéficiant ainsi d’un décaissement sur appui budgétaire de 73 millions de dollars US, soit environ 45 milliards de FCFA. Ce décaissement porte le total des décaissements au titre des accords à 317,4 millions de DTS (environ 420 millions de dollars US , soit près de 250 milliards de FCFA).

La présente conjoncture retrace sur les 3 premiers mois de l’année 2023, l’évolution des  principaux agrégats de dette, lesquels se présentent au 31 mars 2023 comme suit : 

  1. L’encours de la dette du secteur public se chiffre à 12 203 milliards de FCFA et enregistre une baisse de 1,1% en glissement mensuel et de 1,3% comparé à fin 2022, contre une hausse de 5,2% en glissement annuel ;
    • La dette du secteur public est composée de (i) 92,7% de la dette directe de l’Administration Centrale (y compris la dette rétrocédée aux Entités Publiques) évaluée à 11 314 milliards de FCFA, soit 40,5% du PIB ; (ii) 7,2% de dette des entreprises publiques évaluée à 879 milliards de FCFA, soit 3,1% du PIB ; et (iii) 0,1% de dette des collectivités territoriales décentralisées, estimée à 10 milliards de FCFA, soit 0,04% du PIB ;
  2. La dette directe des Etablissements et Entreprises Publics à fin mars 2023 est estimée à 879 milliards de FCFA, soit 3,1% du PIB. Cet encours enregistre une hausse de 0,9% par rapport à celui de mars 2022 tandis qu’il connait une baisse de 1,1% par rapport au mois précédent et de 1,9% en glissement trimestriel. Il est à noter que 58,3% de cet encours est dû aux créanciers extérieurs et 41,7% aux partenaires intérieurs ;
  3. Les passifs conditionnels de l’Etat à fin mars 2023 sont évalués sur la base des informations collectées, à 3 771 milliards de FCFA et représentent 13,6% du PIB. Ils sont constitués à 0,3% de la dette garantie par l’Etat du Cameroun et à 99,7% des investissements sous forme de Partenariats Publics Privés (PPP) ;
  4. Le service effectif de la dette publique (hors Restes à Payer er BTA) réglé au cours du mois  de mars 2023, s’élève à  87,3 milliards de FCFA, dont 74,3 milliards de FCFA au titre du remboursement du principal et 13,0 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts et commissions ;
    • Ce service est consacré à : (i) 75,9% au service de la dette extérieure, et (ii) 24,1% au règlement de la dette intérieure ;
    • Le cumul du service de la dette réglé depuis janvier 2023 s’élève à 294,3 milliards de FCFA, dont 82,6% pour la dette extérieure et 17,4% au titre de la dette intérieure (Hors Restes à Payer et remboursement BTA) ;
    • En perspective, pour le second trimestre de l’année 2023, il est prévu le règlement d’un service de 212,7 milliards de FCFA dont 140,8 milliards de FCFA au titre de la dette extérieure et 71,9 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure ;
  5. Au cours des trois (03) premiers mois de l’année 2023, une convention a été signée, relativement au financement de la Phase III du projet d'électrification rurale par système photovoltaïque (200 localités), pour un montant de 34,7 milliards de FCFA ;
    • Par ailleurs, les décrets d’habilitation en instance évalués au 31 mars 2023 portent sur six (06) projets, pour un montant global de 143,4 milliards de FCFA ;
  6. Les décaissements sur emprunts publics effectués au mois de mars 2023 s’élèvent à 120,0 milliards de FCFA et proviennent à 24,7% des ressources intérieures et 75,3% des ressources extérieures ;
    • Le cumul des décaissements depuis janvier 2023, s’élève à fin mars 2023 à 332,5 milliards de FCFA ;
  7. Les SEND’s sont évalués à environ 3 795,2 milliards de FCFA, dont 204,6 milliards de FCFA d’appuis budgétaires à décaisser auprès du FMI, de la BAD et de la France jusqu’à la fin du programme en cours (2024) ;
    • Ces SEND’s exclusivement extérieurs, sont en diminution de 2,1% en glissement mensuel, 3,6% en glissement trimestriel et 3,8% en glissement annuel ;
  8. Enfin, sous l’hypothèse que toute dette libellée en FCFA est considérée comme dette intérieure, et celle libellée en devises représente la dette extérieure, le profil coûts et risques du portefeuille au 31 mars 2023 se présente comme suit : 
  • Le ratio de la dette de l’Administration Centrale (Hors Restes à Payer de plus de 3 mois) sur le PIB représente 39,8%, dont 28,8% pour la dette extérieure et 11,0% pour la dette intérieure, contre un ratio de dette publique sur PIB à fin décembre 2022 de 40,6%, dont 29,4% pour la dette extérieure et 11,2% pour la dette intérieure ;
  • Le coût moyen pondéré annuel de la dette enregistre une légère hausse en glissement trimestriel de 0,1 point et se situe à 2,3%, soit 2,1% pour la dette extérieure, (taux identique à fin 2022) et 3,0% pour la dette intérieure, contre 2,5% à fin décembre 2022 (prise en compte de la dette non structurée) ;
  • La durée moyenne de refinancement du portefeuille enregistre une hausse de 5,2% en glissement trimestriel et est estimée à 8,1 années, soit 9,4 ans pour la dette extérieure et 4,7 ans pour la dette intérieure ;
  • Le poids de la dette, dont les termes sont à refixer l’année prochaine connait une hausse de 15,8% par rapport au trimestre précèdent pour se situer actuellement à 26,4%, soit 28,3% pour la dette extérieure (contre 26,9% à fin 2022) et 21,4% pour la dette intérieure (contre 12,0% au 31 décembre 2022) ;
  • Le risque de taux d’intérêt est traduit par l’exposition d’environ 16,4% de la dette aux fluctuations de taux d’intérêt, soit une hausse de 3,1% en glissement trimestriel ;
  • La part de la dette libellée en devises autres que le FCFA est identique à celle du trimestre précédent et est estimée à 72,3% du portefeuille global, soit une exposition réelle de 44,3% du portefeuille, considérant la dette libellée en euro, évaluée à 28,0% de la dette totale, contre une exposition de 44,9% à fin 2022.

Vos observations et commentaires sont toujours les bienvenus pour l’amélioration de la gestion de la dette publique du Cameroun et son développement durable.