Numero 09/22 de la Conjoncture mensuelle de la dette publique - Septembre 2022

Aspect

Le Directeur Général de la CAA, Secrétaire Permanent du CNDP, Monsieur Richard EVINA OBAM a le plaisir de vous présenter la "conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun N°09/22-Septembre 2022", finalisée le 04 novembre 2022.

Cette conjoncture est élaborée dans un contexte marqué par le ralentissement plus prononcé de l’activité économique mondiale, avec une inflation qui a atteint des pics jamais vus depuis plusieurs décennies, du fait entre autres du durcissement des conditions financières dans la plupart des régions, des effets de la guerre en Ukraine ainsi que de la pandémie de COVID-19.

Ainsi, d’après les dernières prévisions du FMI, l’inflation mondiale devrait culminer à 9,5 % cette année avant de redescendre à 4,1 % d’ici à 2024. Quant aux perspectives de croissance mondiale, l’économie mondiale devrait ralentir de 6,0% en 2021 à 3,2% en 2022 et 2,7% en 2023. Il s’agit du profil de croissance le plus morose depuis 2001, si l’on excepte la crise financière mondiale et le pic de la pandémie de COVID-19 selon le Fond Monétaire Internationale.

Au plan national, la conjoncture économique est marquée par (i) La préparation de la session parlementaire consacrée principalement à l’examen et à l’adoption du budget de l’Etat pour l’exercice 2023. Au cours de cette session, le projet de Loi de Finances 2023 et ses documents annexes, dont la stratégie d’endettement 2023-2025 et la stratégie annuelle d’endettement , feront l’objet de discussions par les parlementaires; (ii) la poursuite du Programme Economique et Financier (PEF) conclu avec le FMI en 2021-2024; (iii) la tenue des assemblées annuelles des Conseils des gouverneurs du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale tenues à Washington, auxquelles une délégation camerounaise a pris part (iv) la signature le 22 septembre 2022 par le Ministre des Finances d’une convention de remboursement d’un montant de 185 milliards de FCFA à l’entreprise VITOL pour le compte de la restructuration de la SONARA ; (v) la tenue le 27 octobre dernier, de la première session du Comité National du suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public.

Relativement aux principaux agrégats des dettes publiques et passifs contingents rappelés dans ladite conjoncture, ils se présentent comme suit  au 30 septembre 2022: 

  1. L’encours de la dette du secteur public se chiffre à 12 390 milliards de FCFA (45,8% du PIB), en augmentation de 11,9% en glissement annuel et de 1,8% en glissement trimestriel ;
    • l’impact de la fluctuation des taux de change, a contribué à une augmentation de l’encours de la dette extérieure de 488,8 milliards de FCFA environ en glissement annuel ;
    • la dette du secteur public comprend (i) 92,4% de dette directe de l’Administration Centrale (y compris la dette rétrocédée aux Entités publiques) évaluée à 11 523 milliards de FCFA (soit 42,6% du PIB), (ii) 7,5% de dette des entreprises publiques évaluée à 937 milliards de FCFA, soit 3,5% du PIB, et (iii) 0,1% de dette des collectivités territoriales décentralisées, estimée à 10 milliards de FCFA, soit 0,04% du PIB
  2. L’encours de la dette directe des Etablissements et Entreprises Publics (hors dette rétrocédée), sur la base les données collectées, est évalué à environ 937,5 milliards de FCFA et enregistre une croissance de 5,6% et 8,9% en glissement trimestriel et annuel respectivement ;
  3. Les passifs conditionnels de l’Etat, suivant les données collectées, font état d’un encours évalué à environ 3 776 milliards de FCFA, soit 14,0% du PIB. et constitués de 0,5% de dette garantie par l’Etat et de 99,5% d’investissements sous forme de Partenariats Publics Privés (PPP) ;
  4. Le service effectif de la dette publique (hors Restes à payer) réglé au cours du mois de septembre 2022, s’élève à  89,3 milliards de FCFA, dont 76,9 milliards de FCFA de principal et 12,4 milliards de FCFA d’ intérêts ;
    • ce service a été destiné pour : (i) 78,9% à la dette extérieure (ii) et 21,1% à la dette intérieure ;
    • le service effectif cumulé de janvier à septembre 2022 est de 910,2 milliards de FCFA, dont 733,1 milliards de FCFA de principal et 177,1 milliards de FCFA de paiements d’intérêts ;
  5. Durant le mois de septembre 2022, deux (02) nouvelles conventions de prêts ont été signées par le Gouvernement et la BAD, pour un montant de 94,4 milliards de FCFA ;
    • le cumul des engagements extérieurs signés depuis le début de l’année 2022, s’élève à 423,4 milliards de FCFA en valeur nominale, correspondant à environ 327,6 milliards de FCFA en valeur actuelle, dont 78,8% sous forme de prêts projets (soit 325 milliards de FCFA en valeur nominale) et 23,2% sous forme d’appuis budgétaires (soit 98 milliards de FCFA en valeur nominale) ;
    • par ailleurs, au cours du mois d’octobre 2022, trois (03) décrets habilitant le MINEPAT à contracter des conventions de financement ont été signés par le Chef de l’Etat, pour un montant global de 265,3 milliards de FCFA. Ces conventions de dettes ont été effectivement signées par le Ministre en charge de l’économie le 28 octobre 2022 ;
  6.  Les tirages effectués au cours du mois de septembre sur emprunts publics se chiffrent à 161 milliards de FCFA, mobilisés à 34,4% auprès des créanciers extérieurs, et 65,5% sur le marché domestique des titres publics ;
    • le cumul des décaissements effectués sur les 9 premiers mois de l’année 2022 s’élèvent à 1393 milliards de FCFA, dont 58,0% de tirages intérieurs et 42,0% de décaissements extérieurs ;
  7.  Les SEND’s sont estimés à environ 3 801,7 milliards de FCFA (soit 14,1% du PIB), y compris 241,8 milliards de FCFA d’appuis budgétaires (soit, 0,9% du PIB) à décaisser progressivement auprès du FMI et de l’AFD ;
    • constitués uniquement de SEND’s extérieurs, ils enregistrent une baisse de 0,7% par rapport au mois précédent et une augmentation de 7,2% en glissement annuel ;
  8. Enfin, le profil coûts et de risques du portefeuille au 30 septembre 2022 se présente comme suit : 
  • l’encours de la dette directe de l’Administration Centrale (hors Restes à Payer et BTA) est estimé à 11 271 milliards de FCFA, dont 73,2% de dette extérieur et 26,8% de dette intérieure, considérant toute dette libellée en FCFA comme une dette intérieure et celle libellée en devises étrangères comme une dette extérieure ;
  • le ratio de la dette sur le PIB enregistre une légère hausse de 0,2 point en glissement trimestriel passant de 41,7% à 41,3%, dont 30,5% pour la dette extérieure contre 30,6% le mois précédent et 11,2% pour la dette intérieure ;
  • le coût moyen pondéré de la dette se situe à 2,3%, soit 2,1% en dette extérieure et 2,8% en dette intérieure ;
  • pour refinancer le portefeuille de la dette actuelle, il faudra en moyenne 8,0 années, soit 9,1 années pour la dette extérieure et 5,2 années pour la dette intérieure traduisant les maturités plus courtes de la dette intérieure ;
  • le risque de taux d’intérêt est traduit par l’exposition d’environ 15,9% de la dette totale (dette à taux d’intérêt variable) aux fluctuations de taux d’intérêt ;
  • le poids de la dette dont les termes sont à refixer en 2023 se situe à 24,0%, soit 26,3% pour la dette extérieure et 18,0% pour la dette intérieure ;
  • la part de la dette libellée en devises autres que le FCFA est estimée à 73,2% du portefeuille global, soit une exposition de 46,4% du portefeuille, considérant la dette libellée en euro, évaluée à 26,8% de la dette totale.

Vos observations et commentaires sont toujours les bienvenues pour l’amélioration de la gestion de la dette publique du Cameroun et le développement durable des populations.