Numero 03/22 de la Conjoncture mensuelle de la dette publique - Mars 2022

Aspect

Le Directeur Général de la CAA, Monsieur Richard EVINA OBAM a le plaisir de  vous présenter la "conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun N°03/22-Mars 2022", finalisée le 28 avril 2022.

Cette conjoncture est produite dans un contexte mondiale dominé par les effets de la guerre en Ukraine combinée à la pandémie du COVID-19  qui n’ont cessé d’accroître les dangers sur le plan sécuritaire et économique. Dans ce contexte, la FAO indique que les prix alimentaires ont bondi de près de 13% en mars 2022 et le FMI a revu à la baisse de 0,4 point de pourcentage ses prévisions de croissance mondiale estimée à 4% en janvier 2022. Concernant le niveau d’inflation, le FMI table sur un taux de 5,7% dans les pays avancés dans ses Perspectives Economiques d’avril 2022, soit 1,8 point de pourcentage de plus que ce qu’envisageaient les prévisions du mois de janvier dernier.

Dans la Sous-région CEMAC, la guerre russo-ukrainienne ne reste pas sans effet. En effet, la BEAC table dans ses dernières prévisions sur une hausse inquiétante du niveau d’inflation à 3,6% durant cette année, soit 0,6 point de plus que le seuil de tolérance admis par la communauté. Toutefois, il est prévu une  croissance économique de 3,1% en 2022 contre les 1,4% prévu en 2021, du fait du rebond enregistré dans le secteur pétrolier.

Dans la Sous-région CEMAC, la guerre russo-ukrainienne ne reste pas sans effet. En effet, la BEAC table dans ses dernières prévisions sur une hausse inquiétante du niveau d’inflation à 3,6% durant cette année, soit 0,6 point de plus que le seuil de tolérance admis par la communauté. Toutefois, il est prévu une  croissance économique de 3,1% en 2022 contre les 1,4% prévu en 2021, du fait du rebond enregistré dans le secteur pétrolier.

Sur le plan national, suivant l’Institut National de la Statistique le PIB a crû de 3,6% entre janvier à septembre 2021 par rapport à la même période en 2020, ce qui est légèrement supérieur au taux de croissance national de 3,5% prévu par le FMI pour l’année 2021.  Toutefois, l’impact de la crise en cours pourrait atténuer les perspectives de croissance  et augmenter le déficit budgétaire et conséquemment le besoin d’endettement du Cameroun projeté par le FMI et les autorités camerounaises dans le cadre du suivi de programme économique en cours.

Ce faisant, les principaux  agrégats des dettes publiques et passifs contingents rappelés dans la dite conjoncture  se présentent comme suit  :

  1. S’agissant de la dette publique camerounaise contractée à fin mars 2022, son encours est estimé à 11 456 milliards de FCFA (soit 45,0% du PIB) et est en augmentation de 0,8% par rapport au trimestre précédent et de 7,4% en glissement annuel. Cet encours comprend : la dette extérieure estimée à 7 639 milliards de FCFA ; la dette intérieure estimée à 2 954 milliards de FCFA y compris les 170 milliards de FCFA de restes à payer de plus de trois mois (ces RAP sont identiques à ceux des trois derniers mois en attente d’une mise à jour des informations par le trésor public) ; et la dette directe des entreprises publiques estimée à 862 milliards de FCFA (avec la prise en compte progressive des informations issues de l’enquête de notification
  2. Pour ce qui est du suivi des passifs contingents explicites de l’Etat et particulièrement le suivi des Partenariats Publics Privés un analyse desdits passifs est intégré dans la présence conjoncture et fera l’objet d’une publication continue, conformément aux divers engagements pris par le Cameroun auprès des bailleurs de fonds et particulièrement la Banque mondiale dans le cadre du suivi du DPO3 et des actions prioritaires( PPA) FY 22 rappelés le 18 avril 2022, Ainsi, à fin mars 2022, les passifs conditionnels explicites de l’Etat évalués sur la base des informations collectées, s’élèvent à 3 360 milliards de FCFA (soit 13,1% du PIB). Ils sont constitués de : 0,6% de la dette garantie par l’Etat du Cameroun et de 99,4% des investissements sous forme de PPP.
  3. Relativement au service de la dette (Hors Restes à Payer), Le trésor public a réglé effectivement 80,3 milliards de FCFA en Mars 2022, dont 68,3 milliards de FCFA au titre du remboursement du principal et 12,0 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts. Ce service représente 88,3% du service prévisionnel de mars et il a été consacré à : (i) 57,1% pour le règlement de la dette intérieure ; (ii) 42,9% au remboursement des créanciers extérieurs. Ainsi, durant le premier trimestre 2022, le service cumulé de la dette publique (hors RAP), est évalué à 371,9 milliards de FCFA, dont 269,3 milliards de FCFA de remboursement de principal.  Ce service est supérieur à celui réglé durant la même période en 2021 évalué à 131,1 milliards de FCFA.
  4. Concernant la situation des nouveaux engagements, aucune nouvelle convention n’a été signée durant le mois de mars 2022. Le premier trimestre 2022 s’achève avec un total de 99,0 milliards de FCFA de nouveaux engagements signés dont 99,4% sous forme d’appui budgétaire et 0,6% sous forme de prêt concessionnel. La marge restante pour les nouveaux emprunts extérieurs à contracter en 2022 est de 649,4 milliards de FCFA sous forme de prêts projets.
  5. Par ailleurs, au 04 avril 2022, trois conventions de financement ayant obtenu un décret d’habilitation sont en attente de signature. Celles-ci portent sur un montant global d’environ 136,9 milliards de FCFA, dont 129,8 milliards de FCFA en non concessionnels, et 7,1 milliards de FCFA en concessionnels.
  6. Quant aux décaissements effectués au cours du mois de Mars 2022, ils s’élèvent à 182,2 milliards de FCFA, dont 77,7% sur les ressources intérieures et 22,3% tirés auprès des créanciers extérieurs, portant ainsi le cumul des décaissements effectués au cours du premier trimestre 2022 à 408,9 milliards de FCFA. Concernant les SEND’s, à fin Mars 2022, ils sont estimés à environ 3 639,3 milliards de FCFA provenant exclusivement des SEND’s extérieurs.
  7. Enfin, le profil de coûts et de risques correspondant au niveau du portefeuille au 31 mars 2022 se présente comme suit : 
    • La part de la dette libellée en devises autres que le FCFA, est estimée à 73,0% du portefeuille global, soit une exposition de 45,3% du portefeuille, considérant la dette libellée en euro, évaluée à 27,8% de la dette totale ;
    • Le niveau d’endettement rapporté au PIB se situe à 40,9%, dont 29,9% pour la dette extérieure et 11,0% pour la dette intérieure ;
    • Le coût moyen pondéré de la dette a crû de 0,2 point de pourcentage par rapport à celui du mois précédent et se situe à 2,5%, soit 2,2% en dette extérieure et 3,3% en dette intérieure ;
    • La durée moyenne de refinancement du portefeuille global est estimée à 8,4 années, soit 9,6 années dette extérieure et 5,0 années pour la dette intérieure traduisant les maturités plus courtes de la dette intérieure ;
    • Le poids de la dette dont les termes sont à refixer se situe à 28,5% contre 26,5% en février 2022, soit 30,5% pour la dette extérieure et 23,2% pour la dette intérieure ;
    • Le risque de taux d’intérêt est traduit par l’exposition d’environ 19,5% de la dette totale (dette à taux d’intérêt variable) aux fluctuations de taux d’intérêt.

Vos observations et commentaires sont toujours les bienvenues pour l’amélioration de la gestion de la dette publique du Cameroun et la maitrise des risques y afférents.-