Numero 03/21 de la Conjoncture mensuelle de la dette publique - Mars 2021

Aspect

Le Directeur Général de la Caisse Autonome d'Amortissement, Secrétaire Permanent du Comité Nationale de la Dette Publique, a le plaisir de vous présenter la "Conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun N°03/20 de mars 2021".

Il est à retenir entre autres de cette conjoncture que, l’environnement économique international est marqué par la revue à la hausse des prévisions de croissance de l’économie mondiale, après le ralentissement de 3,3% observé en 2020. En effet, le FMI projette une croissance de l'économie mondiale de 6% en 2021, soit une hausse de 0,5 point de pourcentage par rapport à ses prévisions de janvier et une croissance de 4,4% de l'économie mondiale en 2022, soit une hausse de 0,2 point.

Sur le plan national, l’actualité a été marquée par : (i) La tenue de la quatrième session de la Commission Technique du Comité National de la Dette Publique (CNDP) de l’année 2021; (ii) l’élaboration d’une nouvelle série des comptes nationaux en base 2016 qui a relevé le niveau du Produit Intérieur Brute (PIB)…

S’agissant de l’encours de la dette du secteur public, il est évalué à 10 574 milliards de FCFA (soit 44,2% du PIB) au 31 mars 2021, en augmentation de 2,1% en glissement trimestriel et de 7% par rapport à fin mars 2020.

La nouvelle série des comptes nationaux en base 2016, élaborée par l’INS, a été pris en compte dans le calcul des ratios de dette sur PIB qui s’est amélioré par rapport à l’ancienne série. Cette révision a permis notamment de baisser le taux d’endettement du secteur public au 31 mars 2021 d’environ 1,6 point du PIB.

Cet encours comprend la dette directe et garantie de l’administration centrale évaluée 9 643 milliards de FCFA, soit 40,3% du PIB et la dette des entreprises publiques estimée à 932 milliards de FCFA, représentant 4% du PIB.

L’encours de la dette directe et garantie par l’Administration Centrale (y compris les restes à payer de plus de trois mois), est constitué de : (i) 99,7% de dette directe de l’Administration Centrale (composée de 6 840 milliards de FCFA de dette extérieure et 2 776 milliards de FCFA de dette intérieure, dont 187 milliards de FCFA de restes à payer de plus de 3 mois) et (ii) 0,3% de dette avalisée par l’Etat Central, soit 27 milliards de FCFA.

Concernant le service effectivement de la dette publique réglé durant le mois mars 2021, il se chiffre à 25,6 milliards de FCFA (hors Restes à Payer), portant le cumul depuis le début d’année à 97,5 milliards de FCFA dont 85,4 milliards de FCFA pour la dette extérieure et 12,1 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure.

Il convient de relever qu’au cours du mois mars 2021, le Cameroun a bénéficié de 10,3 milliards de FCFA d’allègement du service de la dette dans le cadre du DSSI. Le cumul des allègements obtenu au premier trimestre 2021 est évalué à environ 19,9 milliards de FCFA.

Pour ce qui est des décaissements sur emprunts publics enregistrés au cours du mois mars 2021, ils se chiffrent à 117 milliards de FCFA, dont 103 milliards de FCFA décaissés auprès de créanciers intérieurs et 14 milliards de FCFA tirés auprès de de partenaires extérieurs, portant le cumul des décaissements effectués en 2021 à 274 milliards de FCFA, soit une composition de 86,9% de tirages intérieurs et 13,1% de décaissements extérieurs.

Les SEND’s quant à eux  sont évalués au 31 octobre 2020 à 3 163,6 milliards de FCFA. Ils proviennent uniquement des engagements envers les créanciers extérieurs, les SEND’s sur ressources intérieures ayant été totalement décaissés depuis le mois de juillet 2020.

S’agissant des caractéristiques du portefeuille de la dette de l’Administration Centrale, elle est constituée de  70,8% de dette extérieure et 29,2% de dette intérieure, sachant que la dette extérieure est considérée ici comme étant la dette libellée en devise.

  • Le ratio de la dette sur le PIB est en baisse par rapport à fin décembre 2020, passant de 42,5% à 40,2% après la prise en compte de la révision de la série des comptes nationaux en base 2016, par l’INS, notamment la hausse du PIB à fin 2020 ;
  • Le coût moyen pondéré de la dette est stable par rapport au mois précédent et à fin 2020, et se situe à 2,6%, soit 2,5% pour la dette extérieure et 3,0% pour la dette intérieure ;
  • Pour refinancer le portefeuille de dette actuelle, il faudra en moyenne 8 années, soit 9,1 années pour la dette extérieure et 3,9 années pour la dette intérieure. Ce niveau de risque est maintenu par rapport au 31 décembre 2020 ;
  • Le risque de taux d’intérêt s’est légèrement détérioré par rapport à la situation de fin 2020. Il est traduit par l’exposition d’environ 20,5% de la dette totale (dette à taux d’intérêt variable) aux fluctuations de taux d’intérêt, contre 19,1% à fin 2020;
  • Le niveau du risque de change s’est amélioré par rapport à la situation de fin 2020. La part de la dette libellée en devises autres que le FCFA est estimé à 70,8% du portefeuille global, soit une exposition effective de 43,5% du portefeuille au risque de change, considérant la parité fixe entre le FCFA et l’euro.